La pose d’une chanlatte consiste à fixer, au pied des chevrons, une latte de bois de section trapézoïdale ou triangulaire qui relève le premier rang de tuiles. Cette pièce incline la rangée de l’égout pour l’aligner avec le reste de la couverture, et elle aide l’eau de pluie à rejoindre la gouttière. On la pose avant les liteaux, droite sur toute la longueur du versant, et on la fixe sur chaque chevron.
À quoi sert une chanlatte à l’égout du toit
Sous le premier rang de tuiles, il n’y a pas de rang inférieur qui le recouvre. Sans cale, cette rangée se retrouve plus plate que les suivantes, ce qui fausse l’écoulement et laisse le vent soulever les tuiles. La chanlatte corrige cela : elle forme le rang inférieur de la toiture et donne au premier rang sa pente.
Elle se place à l’extrémité basse des chevrons, au bas du versant, devant la planche d’égout. Les liteaux viennent ensuite se fixer au-dessus, avec un premier liteau réglé en fonction de la hauteur de la chanlatte.
Choisir la chanlatte : forme, section et bois
La chanlatte s’obtient par refente longitudinale d’une pièce de bois, selon un angle qui épouse la pente du toit. On trouve des profils trapézoïdaux et des profils triangulaires, ces derniers étant ceux que l’on cherche sous le nom de chevron triangulaire ou de chanlatte triangulaire.
Les sections courantes sont de 50 ou 80 mm de large, avec une grande hauteur de 20 ou 26 mm et une petite hauteur de 10 ou 15 mm. Les versions plus larges et plus fines portent le nom de frises ou de voliges chanlattées. La hauteur retenue dépend de l’épaisseur du liteau et de la tuile choisie.
Le bois est généralement un résineux (sapin, pin, épicéa). Comme la pièce reste au contact de l’humidité de l’égout, un bois traité contre l’humidité, les champignons et les insectes est le bon choix. Côté budget, la chanlatte se vend au mètre linéaire et reste une pièce peu coûteuse par rapport au reste de la couverture, mais le prix varie selon l’essence, le traitement et la section.

Préparer l’égout avant la pose
Avant de fixer quoi que ce soit, vérifiez que les abouts de chevrons sont alignés. Tendez un cordeau d’un bout à l’autre du versant : un chevron qui dépasse ou qui rentre se rattrape à ce stade, jamais avec la chanlatte. Un support bien préparé change tout à une pose, comme le montre la préparation du support avant la pose d’un revêtement mural autocollant, où le même principe de base plane s’applique.
Contrôlez aussi l’écran de sous-toiture. Il doit déborder au-dessus de la gouttière pour que l’eau qui passe sous les tuiles y tombe, et non derrière la planche d’égout. Si un peigne anti-oiseaux est prévu, repérez sa place dès maintenant.
Côté outillage, il faut un cordeau, un niveau, une scie, une perceuse et des fixations adaptées au bois et à la section de la pièce. Préférez des fixations en métal protégé contre la corrosion, puisque l’égout est la zone la plus exposée à l’eau.
Poser et fixer la chanlatte pas à pas
Voici l’ordre de travail qui évite les reprises :
- Tracez la ligne de pose au cordeau sur les chevrons, en tenant compte du débord voulu au-dessus de la gouttière.
- Orientez la face inclinée vers le haut du versant, de façon que la pièce relève bien le premier rang.
- Fixez la chanlatte sur chaque chevron, avec deux fixations par appui si la section le permet, et pré-percez aux extrémités pour éviter que le bois ne fende.
- Raccordez deux longueurs sur un chevron, jamais entre deux appuis, en coupant les abouts bien d’équerre.
- Terminez aux rives en prolongeant la chanlatte jusqu’au bout du versant, au même niveau.
Le débord de toiture se règle à cette étape : c’est la position de la chanlatte par rapport au bord de l’écran et de la gouttière qui décide de l’avancée des tuiles.
Régler le premier rang de tuiles sur la chanlatte
Posez une tuile d’essai avant de fixer le premier liteau. Elle doit déborder au-dessus de la gouttière sans la dépasser, et prendre la même inclinaison que les tuiles du rang suivant. Si elle est plus plate, la chanlatte est trop basse ; si elle se redresse, elle est trop haute.

Le cas des tuiles canal suit la même logique : la tuile de couvert de l’égout doit rester dans la pente générale. Pour la pose complète, la fiche sur la pose de tuiles canal en rénovation détaille le déroulé rang par rang sur un toit ancien.
Les erreurs de pose qui font entrer l’eau
Quelques défauts reviennent sur les égouts mal repris :
- Une chanlatte trop haute ou trop basse, qui donne au premier rang une pente différente des autres et laisse l’eau remonter sous les tuiles.
- Un bois non traité, qui pourrit en quelques saisons au contact de l’eau de l’égout.
- Une fixation uniquement dans la planche d’égout, trop faible pour retenir la pièce : la fixation se fait toujours dans les chevrons.
- Un écran de sous-toiture coincé derrière la chanlatte, qui renvoie l’eau vers la charpente au lieu de la gouttière.
Un égout non ventilé aggrave le tout, car l’humidité reste piégée sous le premier rang et attaque le bois.
Poser soi-même ou faire appel à un couvreur
Remplacer une chanlatte sur un abri de jardin ou une petite annexe reste à la portée d’un bricoleur équipé, à condition de travailler depuis un échafaudage et non depuis une échelle. En revanche, le travail en hauteur sur une toiture de maison relève d’un couvreur dès que le versant est haut ou la pièce à remplacer difficile d’accès.
Le coût d’une intervention se lit dans le devis, où la main d’oeuvre pèse lourd, comme le montrent les prix d’une dalle béton main d’oeuvre comprise ou les tarifs de pose du béton cellulaire par un professionnel. Demandez un devis détaillé qui sépare le bois, les fixations et le temps de pose.
Si la chanlatte est pourrie, regardez l’état des abouts de chevrons avant de la remplacer : un chevron atteint se traite avant toute nouvelle pièce.

